Les séries de baseball basculent lors de soirées comme celle-ci. Les Rays de Tampa Bay sont arrivés samedi soir au Progressive Field menés 2 à 1 dans la série de championnat de la Ligue américaine, avec leurs meilleurs frappeurs silencieux depuis trois matchs. Ils en sont repartis avec une victoire 7 à 3 contre les Guardians de Cleveland dans le quatrième match, et une série égalisée à deux victoires partout. Le récit du match donne l’image d’une équipe qui se souvient, d’un seul coup, de la manière dont elle est arrivée jusque-là.
Personne n’incarne mieux ce réveil que Jonathan Aranda. Il restait sur aucun coup sûr en dix passages au bâton lors des trois premiers matchs. Samedi, il a récolté 3 coups sûrs et 2 points produits, et son coup sûr de la septième manche a fait plus que faire marquer des points. Il a brisé la résistance de Cleveland. Deux points ont été inscrits sur l’action lorsque le ballon a échappé au champ droit Chase DeLauter, et un match resté serré a soudain pris de l’air.
Martinez donne le ton
Avant le réveil des bâtons, Nick Martinez a offert à Tampa Bay exactement le départ dont l’équipe avait besoin. Il a travaillé pendant 5 manches et un tiers, concédé un seul point sur 2 coups sûrs et décroché sa première victoire en séries éliminatoires. Ces chiffres paraissent nets. Le travail derrière eux ne l’était pas. Lancer un match à l’extérieur en octobre, avec une équipe au bord d’un retard de 3 à 1, signifie que chaque manche pèse lourd. Martinez a porté ce poids avec calme, en laissant à son alignement le temps de retrouver son rythme.
Cette patience a payé à la sixième manche. Junior Caminero a frappé un double bon pour un point contre Daniel Espino et a placé Tampa Bay devant, 2 à 1. Ce fut le coup qui a changé la forme de la soirée. Jusque-là, Cleveland pouvait sentir que le match restait à un retournement près. Après, les Rays sont devenus l’équipe qui joue en tête, et ils ont joué ainsi jusqu’au bout. Les amateurs qui avaient suivi l’avant-match savaient que le haut de l’alignement de Tampa Bay devait finir par répondre présent. La réponse est arrivée samedi.
Le haut de l’alignement se réveille
Voici la statistique qui explique ce quatrième match. Les quatre premiers frappeurs de Tampa Bay ont produit 6 des 11 coups sûrs de l’équipe et 6 points produits samedi. Lors des trois premiers matchs, ce même groupe affichait 7 coups sûrs en 41 passages. Un alignement n’a pas besoin que tout le monde soit en forme en même temps, mais il a besoin que ses meilleurs frappeurs ressemblent à ses meilleurs frappeurs. Pendant trois matchs, ce n’était pas le cas. Dans le quatrième, ce l’était, et tout l’abri des joueurs s’en est nourri.
La soirée d’Aranda mérite un second regard en raison de son déroulement. Commencer une série de championnat sans coup sûr en dix passages peut rétrécir l’horizon d’un joueur. Chaque passage au bâton devient plus lourd. Au lieu de cela, il est resté fidèle à son approche, a trouvé un premier coup sûr, puis un autre, et à la septième manche il était devenu le frappeur que Cleveland voulait le moins affronter. Son coup sûr, aidé par l’erreur dans le champ droit, a fait marquer deux points et a orienté le match vers sa forme définitive. L’enthousiasme de ces soirées d’octobre rappelle, dans un tout autre registre, l’énergie des grands rendez-vous racontés dans nos pages, de Havana Nights à Palm Beach aux tribunes du Progressive Field.
Le beau moment de Cleveland et ses erreurs coûteuses
Cleveland n’est pas parti sans réagir, et Travis Bazzana a offert au public local un moment à garder précieusement. Il a frappé un coup de circuit samedi, le premier de sa carrière en séries éliminatoires, un cap que tout jeune joueur retient pour le reste de sa carrière. Même dans la défaite, ce moment compte. Il entre dans les livres et il laisse deviner ce que ce joueur pourrait devenir lors des octobres à venir.
Mais les Guardians se sont fait mal en défense. Cleveland a commis 2 erreurs, et à ce niveau, à ce stade de la compétition, les erreurs coûtent cher. La faute sur le coup sûr d’Aranda a transformé une bonne manche des Rays en manche décisive. Les séries de championnat se jouent souvent exactement sur cette marge : un jeu propre réussi d’un côté, un jeu propre manqué de l’autre.
Diaz met le point final
Le dernier doute s’est envolé à la neuvième manche. Yandy Diaz a frappé un coup de circuit bon pour deux points contre Matt Festa et a porté le score à 7 à 3, avec une vraie autorité derrière le geste. Il existe un son particulier dans un stade lorsque un coup de circuit tardif atterrit dans le parc de l’adversaire, moitié clameur du banc des visiteurs, moitié silence des tribunes. Diaz a produit ce son, et avec lui le score final.
C’était une fin à la hauteur d’une performance collective complète. Martinez a stabilisé les premières manches. Caminero a livré le coup sûr qui a donné l’avantage. Aranda, sans coup sûr pendant trois matchs, a porté l’attaque. Diaz a fermé la porte au bâton comme un lanceur de fin de match le fait depuis le monticule. Des joueurs différents, des manches différentes, un résultat partagé : une série qui semblait pencher vers Cleveland est désormais à égalité, et Tampa Bay aborde dimanche avec l’élan de son côté. Ce goût des histoires qui se réécrivent en cours de route se retrouve aussi dans nos récits de terrain consacrés à Copenhague et ses appareils photo jetables, où l’instant simple finit par raconter beaucoup.
La suite du programme
Le cinquième match a lieu dimanche 18 octobre, toujours au Progressive Field de Cleveland, avec Parker Messick annoncé au monticule pour les Guardians contre Drew Rasmussen pour les Rays. La série devient en pratique une série au meilleur des trois matchs, et le vainqueur de dimanche se placera à une victoire de la Série mondiale.
Ensuite, la série se déplacera à St. Petersburg pour un sixième match lundi. Ce calendrier ajoute un enjeu au match de dimanche. Cleveland veut voyager en Floride avec une avance. Tampa Bay, qui vient de gagner à l’extérieur, aimerait rentrer à domicile avec un seul succès à obtenir dans son propre parc pour conclure. Les deux équipes savent exactement ce qui est en jeu, et aucune n’a besoin d’un discours pour le comprendre.
De l’autre côté attendent les Brewers de Milwaukee, déjà qualifiés pour la Série mondiale et au repos pendant que ces deux équipes échangent coup pour coup. Chaque match supplémentaire joué par Tampa Bay et Cleveland est un match que Milwaukee regarde depuis chez elle, ce qui rend une conclusion rapide encore plus précieuse. Samedi, pourtant, aucune des deux équipes ne semblait chercher de raccourci. Elles semblaient concentrées sur le prochain lancer. Voilà exactement à quoi sert le mois d’octobre.





