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  • Guardians et Rays reprennent leur série ce soir à Cleveland

    Guardians et Rays reprennent leur série ce soir à Cleveland

    Du baseball un samedi soir, avec un titre de ligue en jeu et une journée entière pour y penser. Voilà ce que Cleveland reçoit ce soir.

    Le match 4 de la série de championnat de la Ligue américaine entre les Tampa Bay Rays et les Cleveland Guardians, au Progressive Field de Cleveland, a été reporté par la pluie le vendredi 16 octobre 2026. Il a été reprogrammé au samedi 17 octobre à 20 h 08, heure de la côte Est. Le match 5 passe au dimanche 18 octobre à 17 h 08. Les matchs 6 et 7, si nécessaire, restent lundi et mardi au Tropicana Field.

    Cleveland mène la série 2-1. Le vainqueur rencontrera les Milwaukee Brewers, qui ont déjà décroché le titre de la Ligue nationale. Les World Series commencent le vendredi 23 octobre à Milwaukee. Ce soir n’est donc pas un match de plus. Il façonne toute la semaine à venir.

    Où en est la série

    Cleveland a pris son avance à la dure. Lors du match 3, les Guardians ont battu les Rays 3-2 pour mener 2-1 dans la série, au terme d’un match serré et pauvre en points qui sentait octobre dès le premier lancer. Un élan, un geste défensif, une décision de relève : c’est à cette marge que se joue cette série.

    Une avance de 2-1 est réelle, mais ce n’est pas un confort. Tampa Bay sait qu’une victoire ce soir égalise la série et envoie tout le monde vers un match 5 dimanche, avec les compteurs remis à zéro. Cleveland sait qu’une victoire ce soir le place à un succès des World Series. Les deux équipes ont eu le vendredi pour ruminer ces faits pendant que la pluie tombait. Maintenant, elles peuvent agir.

    Le jour supplémentaire change le tableau des lanceurs

    Les reports sont en général traités comme une contrariété. Les équipes détestent les routines brisées. Mais celui-ci offre aux deux clubs quelque chose de précieux à la mi-octobre : du repos.

    Tampa Bay a annoncé qu’il maintenait Nick Martinez comme lanceur partant du match 4. C’est un signe de confiance, et un choix sensé. Martinez reçoit la balle comme prévu, un jour plus tard, et les Rays n’ont pas à bousculer leur ordre au moment le plus important de leur saison.

    Le changement le plus important concerne le match 5. Le jour supplémentaire place Drew Rasmussen dans le rôle de partant du match 5 pour Tampa Bay, avec du repos en plus. Toute personne qui suit les lanceurs en octobre sait ce qu’un jour de plus peut signifier : un peu plus de vie sur la balle rapide, une meilleure maîtrise en fin de sortie, un manager qui peut attendre un frappeur de plus avant de faire appel à la relève. Sur une série courte, ces petits avantages s’additionnent.

    Cleveland en profite aussi, bien sûr. Les relèves des deux côtés ont récupéré une journée complète après un match 3 exigeant. Des releveurs qui auraient pu être limités ce soir sont désormais disponibles à pleine force. Attendez-vous quand même à des managers agressifs – c’est une série de championnat – mais ils le feront avec des bras plus frais et des idées plus claires.

    Une foule du samedi soir à Cleveland

    Il y a aussi la simple joie de l’occasion. Un report pour pluie un vendredi est une déception pour les supporters qui avaient leurs billets et leurs projets. Un match de remplacement un samedi soir, sous les lumières du Progressive Field, peut devenir quelque chose de mieux. Plus de temps pour se rassembler. Plus de temps pour que la ville monte vers le premier lancer. Une foule de week-end qui n’a nulle part où être tôt le lendemain matin.

    Les supporters de Cleveland attendent une telle série depuis longtemps, et ils se sont fait entendre depuis le début. Attendez-vous à du bruit dès les premiers lancers d’échauffement. Pour les joueurs, cette énergie n’est pas un décor. Elle fait partie de l’avantage du terrain qu’ils ont travaillé toute la saison à gagner. L’ambiance des grands rendez-vous populaires fait aussi le charme d’autres événements suivis par nos lecteurs, comme les marchés de Noël de New York qui attirent des millions de voyageurs : la foule fait partie du spectacle.

    Milwaukee attend et regarde

    Quelque part dans le Wisconsin, les Brewers regarderont avec intérêt. Leur part est faite. Milwaukee a balayé les Dodgers pour atteindre ses premières World Series depuis 1982, un résultat qui offre aux Brewers du repos, l’avantage du terrain pour le match d’ouverture du 23 octobre et le temps de régler leur rotation exactement comme ils le souhaitent.

    Cette attente joue dans les deux sens, et les deux clubs de la Ligue américaine le savent. Plus cette série dure – et une série complète de sept matchs se terminerait mardi – plus le délai avant l’ouverture des World Series vendredi sera court. Une victoire ce soir, et Cleveland peut commencer à voir un chemin qui termine la série dimanche à domicile. Une victoire ce soir, et Tampa Bay garde aussi une voie réaliste ouverte, même avec les matchs 6 et 7 de retour au Tropicana Field.

    Rien de cette pression n’a besoin de peser lourd. C’est la bonne pression. C’est pour cela que les équipes s’engagent en février. Des matchs qui comptent, dans des stades pleins, alors que le tableau se resserre vers deux équipes.

    Ce qu’il faudra regarder ce soir

    Regardez les trois premières manches. Si Martinez impose son rythme tôt, il calmera une équipe des Rays qui joue avec un retard dans la série. Un point rapide de Cleveland, au contraire, mettra la foule dans le match à plein volume et forcera Tampa Bay à courir après le score.

    Regardez les manches du milieu pour le moment choisi par les managers pour faire entrer la relève. Avec des releveurs reposés des deux côtés, aucun manager n’a besoin d’extraire des retraits supplémentaires d’un partant fatigué. Les changements pourraient être rapides, et la partie d’échecs pourrait commencer tôt.

    Et regardez la manière dont chaque équipe gère les petits moments : la base supplémentaire prise sur une balle dans l’intervalle, le double jeu proprement tourné, le passage au bâton qui fait monter le nombre de lancers même s’il se termine par un retrait. Le match 3 a tourné sur des détails de ce genre. Le match 4, entre deux équipes proches aux jambes fatiguées désormais reposées, tournera très probablement sur les mêmes.

    Premier lancer à 20 h 08, heure de la côte Est. La pluie est partie, les bras sont reposés, et Cleveland tient son samedi soir. Que le match commence.

    À lire aussi sur Le Miroir Français : le week-end d’Halloween à New York, entre défilés et maisons décorées, un autre récit récent qui prolonge, à sa manière, le plaisir de cette lecture.

  • Les Brewers balaient les Dodgers et retrouvent les World Series après 44 ans d’attente

    Les Brewers balaient les Dodgers et retrouvent les World Series après 44 ans d’attente

    Quarante-quatre ans. C’est le temps que Milwaukee a attendu. Le jeudi 15 octobre 2026, au Dodger Stadium de Los Angeles, les Brewers ont battu les Dodgers 6-4 lors du quatrième match de la série de championnat de la Ligue nationale. Le balayage est total, quatre victoires à zéro, et le club rejoint les World Series pour la première fois depuis 1982. Le plus beau, dans cette soirée, reste la manière. Milwaukee était mené 4-0.

    Au début, tout souriait à Los Angeles. Les Dodgers menaient 4-0 dès la deuxième manche, grâce à un simple productif d’Andy Pages puis à un coup de circuit de trois points de Shohei Ohtani, mesuré à 428 pieds et présenté comme son premier circuit de ces séries éliminatoires. Un public debout, quatre points d’avance, la frappe d’une superstar. La saison de Milwaukee aurait pu vaciller à cet instant précis. Elle n’a pas vacillé.

    La remontée, manche après manche

    Jake Bauers a lancé la remontée à la quatrième manche avec un double de deux points qui a réduit l’écart de moitié et changé l’ambiance dans le stade. À la cinquième, les Brewers ont égalisé. Bauers était encore au coeur de l’action, avec un but sur balles obtenu bases pleines qui a fait rentrer un point. Ce type de présence au bâton demande une discipline rare. Pas de grand geste, pas de gloire immédiate, juste le bon choix, lancer après lancer.

    Le moment décisif est arrivé à la sixième manche. Garrett Mitchell a frappé un circuit en solo contre Tanner Scott pour donner l’avantage à Milwaukee, 5-4, un avantage que les Brewers n’ont plus jamais perdu. Puis, pour se donner un peu d’air, le neuvième frappeur David Hamilton a ajouté un circuit en solo à la neuvième manche contre Edwin Diaz, portant le score à 6-4. Quand le dernier joueur de l’alignement frappe un circuit en neuvième manche d’un match de qualification, c’est tout un groupe qui fonctionne, du premier au dernier nom.

    Cette patience collective rappelle d’autres histoires de travail de longue haleine que nous racontons, comme les tapisseries royales de Norvège qui retrouvent leur éclat à Oslo, où le soin méticuleux finit par porter ses fruits après des années d’efforts discrets.

    Un match de releveurs parfaitement maîtrisé

    Milwaukee a gagné ce match grâce à ses releveurs, et les chiffres parlent simplement. Quatre lanceurs des Brewers ont tenu Los Angeles sans point pendant les sept dernières manches. Sept manches, zéro point, contre un alignement qui avait marqué quatre fois avant même le début de la troisième manche. JoJo Romero, crédité d’un bilan de 2-1, a lancé deux manches pour la victoire. Aaron Ashby a lancé les trois dernières manches pour son deuxième sauvetage de ces séries.

    Derrière eux, le receveur William Contreras a guidé l’ensemble du plan. Un match de releveurs réussit ou échoue selon l’enchaînement des choix, le bon bras au bon moment, sans panique face à un frappeur en forme. Contreras et le manager Pat Murphy ont gardé des changements calmes et réfléchis, et l’attaque des Dodgers, si menaçante à la deuxième manche, n’a plus jamais marqué.

    Bauers, joueur par excellence, et un clin d’oeil de l’histoire

    Jake Bauers a été nommé joueur par excellence de la série, et le quatrième match explique pourquoi. Il termine la série avec une moyenne de ,286, quatre coups sûrs en quatorze présences, un circuit et six points produits. Dans le seul match de qualification, il a produit trois des six points de Milwaukee. Souvent, ce trophée se joue sur un seul grand coup. Bauers, lui, l’a construit sur le timing, encore et encore, dans les moments qui ont fait basculer la série.

    Le balayage porte aussi une belle ironie historique. Milwaukee devient le premier club à balayer en séries l’adversaire qui l’avait balayé lors des séries précédentes. Los Angeles avait balayé Milwaukee l’an dernier dans cette même série de championnat. Cette année, Milwaukee a rendu la pareille, en entier, et sur le terrain des Dodgers. Le capitaine Christian Yelich, cité dans la couverture de la série, incarne la voix expérimentée de ce vestiaire, celle qui rappelle calmement que 4-0 à la deuxième manche est un score, pas un verdict.

    Ce que 1982 signifie, et la suite

    La seule précédente apparition de Milwaukee aux World Series datait de 1982, quand le club jouait encore en Ligue américaine et s’était incliné en sept matchs contre Saint-Louis. Les supporters qui avaient vu cette série enfants sont aujourd’hui grands-parents. Un écart de 44 ans n’est pas qu’une statistique. Ce sont deux générations de fans qui ont acheté des billets, porté la casquette et attendu un titre de ligue qui ne venait pas.

    Cette équipe a aussi mérité son parcours sur la saison entière. Selon USA Today, Milwaukee a remporté 103 matchs en saison régulière, un record pour le club. Un tel total, suivi d’un balayage contre l’adversaire qui avait mis fin à son parcours précédent, montre que ce n’est pas un coup de chance. C’était une équipe de 103 victoires qui a joué à son niveau quand les matchs se sont resserrés.

    Les World Series commenceront le vendredi 23 octobre, avec l’avantage du terrain pour Milwaukee. L’adversaire sera le vainqueur de la série entre les Guardians et les Rays. Les Brewers auront donc une semaine pour reposer leurs releveurs, préparer leur rotation et laisser la ville savourer ce moment. Pour les lecteurs qui prépareront ce grand week-end sportif, notre agenda Vendredi à New York, sorties et rendez-vous du 16 octobre montre à quel point ce mois d’octobre sait mélanger sport, culture et belles soirées.

    Pour une nuit au moins, laissons de côté les confrontations à venir. Milwaukee va aux World Series. Les Brewers ont balayé les Dodgers pour y arriver, leur meilleur joueur a produit la moitié des points du match décisif, et une attente de 44 ans s’est terminée par un circuit du neuvième frappeur et trois manches sans point d’Aaron Ashby. Certains titres se gagnent. Celui-ci a été pris, manche après manche, à une équipe qui pensait que la soirée lui appartenait. Profitez-en, Milwaukee. Vous avez attendu assez longtemps.