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  • Waymo choisit Toronto pour son arrivée au Canada, avec des passagers dès 2028

    Waymo choisit Toronto pour son arrivée au Canada, avec des passagers dès 2028

    Les automobilistes de Toronto vont bientôt croiser un véhicule inhabituel, conduit de façon tout à fait ordinaire, avec une personne au volant. C’est toujours ainsi qu’une ville Waymo commence. Le 16 octobre, l’entreprise a annoncé Toronto comme sa première implantation au Canada, avec l’objectif d’accueillir ses premiers passagers en 2028. Le travail démarre maintenant, avec la cartographie d’abord et les opinions ensuite.

    L’annonce s’accompagne d’un partenariat avec Element Fleet Management, société de gestion de flottes dont le siège se trouve à Toronto et qui assurera le soutien opérationnel sur place. Element collabore déjà avec Waymo à San Diego, dans le cadre d’un partenariat annoncé en juin. À Toronto, cette collaboration s’étend à un accompagnement complet de la flotte, c’est-à-dire la face discrète mais décisive des robotaxis : des véhicules nettoyés, rechargés, entretenus et remis en circulation à temps.

    La cartographie d’abord, les passagers en 2028

    Le plan suit la méthode progressive éprouvée ville après ville. Les voitures arrivent et circulent en conduite manuelle pendant que l’entreprise construit une carte haute définition du réseau routier. Des spécialistes formés à la conduite autonome testent ensuite le système en conditions réelles, ce qui donne au logiciel le temps d’apprendre les particularités locales avant qu’un premier membre du public ne monte à bord.

    Toronto constitue un test exigeant pour cette patience. La région métropolitaine figure parmi celles qui grandissent le plus vite en Amérique du Nord, et elle connaît l’hiver, le vrai, avec la neige, la gadoue et cette lumière grise de février qui met les caméras à l’épreuve. Waymo met en avant sa capacité de conduite par tous les temps pour expliquer le choix de la ville. Un système capable d’affronter un mois de janvier torontois peut prétendre fonctionner dans presque toutes les villes du continent.

    L’entreprise engage aussi des moyens et des emplois. Le lancement comprend des investissements dans des installations locales, et les partenaires prévoient à terme des centaines de postes, entre maintenance de flotte, conduite de validation et service à la clientèle. Un service de robotaxis emploie donc beaucoup de monde. Simplement, ces personnes ne conduisent pas.

    Des racines canadiennes déjà présentes

    Il s’agit d’une expansion, mais pas d’un départ à froid. Waymo a rappelé deux liens canadiens antérieurs à l’annonce : l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada est un investisseur de longue date de l’entreprise, et Magna International, équipementier automobile basé en Ontario, est un partenaire industriel. Toronto est en outre le terrain d’Element, ce qui offre à l’exploitation locale un partenaire qui connaît les flottes canadiennes, les hivers canadiens et les autorités canadiennes.

    En écoutant les deux dirigeants, on comprend comment chaque partie voit l’accord. Laura Dottori-Attanasio, à la tête d’Element, y voit une entreprise de flottes qui évolue avec la nouvelle génération de la mobilité. Tekedra Mawakana, codirectrice générale de Waymo, a salué une étape importante du parcours mondial de l’entreprise et décrit Toronto comme une ville innovante et tournée vers l’avenir, attachée à des rues plus sûres et à des transports plus accessibles. Ce n’est pas un hasard si notre rédaction suit aussi de près la voiture volante imaginée chez Tesla, autre signe que la mobilité de demain se construit dès aujourd’hui.

    Ce que cela change pour les voyageurs, les villes et les investisseurs

    Pour les voyageurs, le calendrier compte plus que l’effet d’annonce : des voitures de cartographie dès maintenant, des essais ensuite, des passagers en 2028 si les validations et les autorisations suivent leur cours. D’ici là, un visiteur à Toronto continuera de héler un taxi classique. Mais la trajectoire est fixée, et Toronto rejoint la courte liste des villes où une course sans conducteur relève d’un avenir programmé plutôt que d’une hypothèse.

    Pour les villes qui observent depuis la touche, la leçon tient dans l’ordre des étapes. Waymo ne demande pas à Toronto de sauter dans le vide. L’entreprise demande de cartographier, de tester avec des spécialistes, de construire des installations et d’embaucher localement, puis seulement de transporter des passagers. Cette approche graduelle est devenue sa carte de visite auprès des autorités, et les lecteurs qui aiment les grands récits de patience peuvent aussi relire notre article sur les tapisseries royales de Norvège restaurées à Oslo, où le temps long est également à l’honneur.

    Pour les investisseurs, le détail à retenir est le contrat avec Element. L’économie des robotaxis se joue sur la disponibilité des véhicules et le coût au kilomètre, pas sur les gros titres du jour de lancement. Confier l’exploitation de la flotte à un spécialiste de grande taille, dans sa propre ville, relève de ces décisions sobres et sensées qui distinguent une entreprise en activité d’une simple démonstration. Toronto en 2028 fait la une. Le contrat de flotte qui se trouve en dessous fait l’histoire.