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  • Un fourré peut doubler les chances de survie du colin de Virginie, selon une étude

    Un fourré peut doubler les chances de survie du colin de Virginie, selon une étude

    Le colin de Virginie ne demande pas grand-chose. Un peu d’herbe pour se nourrir, un peu de sol dégagé pour circuler et, point décisif, un fourré épais et emmêlé pour dormir à côté la nuit. Une nouvelle étude de l’Université de Géorgie, publiée dans la revue Oecologia et relayée par l’université le 12 octobre, donne un chiffre à la valeur de ce fourré : les oiseaux qui dormaient près d’un couvert ligneux abondant avaient environ deux fois plus de chances de survivre à la saison sans reproduction que ceux qui dormaient à découvert.

    Deux fois plus de chances, grâce à une parcelle de broussailles. Pour un oiseau dont les effectifs en Géorgie ont chuté de près de 90 pour cent depuis les années 1960, selon le département des ressources naturelles de l’État, une conclusion aussi concrète dépasse l’intérêt académique. Elle ressemble à un plan de travail.

    Suivre 169 oiseaux jusqu’à leur couchage

    La conception de l’étude explique sa force persuasive. Les chercheurs spécialistes de la faune cartographient souvent les lieux que les animaux préfèrent et supposent que ces endroits favoris sont les bons. Cette hypothèse peut être fausse, car un animal peut préférer un lieu qui lui nuit. L’équipe de Géorgie, dirigée par le chercheur postdoctoral Justin Hill, de la Warnell School of Forestry and Natural Resources, a testé l’hypothèse directement, en reliant le choix du lieu à la survie.

    Sur des terres publiques du sud de l’Indiana, les chercheurs ont équipé 169 colins de petits émetteurs radio et les ont suivis jusqu’à 720 dortoirs nocturnes, sur deux saisons d’automne et d’hiver. Chaque dortoir a été comparé à l’habitat qui l’entourait. Les oiseaux favorisaient les prairies, les zones récemment brûlées ou en repousse et les emplacements proches de buissons denses, de ronces et de jeunes arbres, ce couvert ligneux au cœur de l’étude. L’équipe a ensuite vérifié qui avait survécu. Les oiseaux dont les dortoirs se situaient près d’un couvert ligneux abondant ont survécu à un taux environ double de celui des autres.

    Parmi les coauteurs figurent James Martin, professeur à la Warnell School et directeur du laboratoire consacré aux oiseaux gibier et aux écosystèmes gérés, ainsi qu’Emily McCallen, du département des ressources naturelles de l’Indiana. Le titre officiel de l’article le dit simplement : le choix du lieu de repos influence la survie pendant la saison sans reproduction.

    Ce que signifie vraiment le couvert ligneux

    Voici le passage que les propriétaires fonciers devraient souligner. Le couvert ligneux ne signifie pas la forêt. Il désigne les fourrés de mûriers ou de pruniers, les jeunes arbres, les clôtures envahies par la végétation, une croissance basse, dense et aux tiges ligneuses, franchement désagréable à traverser. Justin Hill la décrit comme le type de parcelle dans laquelle personne ne souhaite entrer à pied. C’est précisément l’intérêt. Un oiseau qui vit au sol et qui s’échappe par un court envol a besoin d’un abri que les faucons et les renards peinent à pénétrer, et un fourré épineux devient une forteresse à l’échelle du colin.

    Le chercheur propose une règle pratique et visuelle : dans un bon habitat pour le colin, une personne devrait pouvoir se tourner dans plusieurs directions, lancer une balle et toucher à chaque fois une parcelle de couvert ligneux. L’habitat ne se résume donc pas à un grand refuge au bord d’une propriété. Il forme un réseau de petits refuges dispersés dans les zones de nourrissage, assez proches pour qu’un oiseau ne soit jamais loin d’un abri après la tombée de la nuit.

    Ce souci du vivant rejoint d’autres appels à prendre soin de la création, comme l’ouverture du Temps de la Création à Castel Gandolfo racontée sur notre site, où la nature devient un bien commun à protéger avec attention.

    Pourquoi le colin compte au-delà de lui-même

    Justin Hill présente le colin comme un symbole de la santé des zones arbustives, et ce raisonnement tient debout. La même mosaïque d’herbes, de buissons et de jeunes pousses qui aide le colin à traverser l’hiver soutient aussi les oiseaux chanteurs, les lapins, les dindons sauvages, les cerfs et une longue liste d’insectes et de plantes. La Géorgie est un pays du colin depuis plus d’un siècle, et les chasseurs ont été parmi les premiers à remarquer le déclin de l’oiseau et à financer sa protection. Restaurer l’habitat du colin revient, presque automatiquement, à restaurer celui de dizaines d’espèces voisines.

    La méthode livre une deuxième leçon. Parce que l’équipe a mesuré la survie, et pas seulement la préférence, les gestionnaires savent désormais quels investissements produisent de vrais résultats. L’argent consacré à la création d’un couvert ligneux près des dortoirs n’est pas un simple aménagement paysager. Il s’agit d’une intervention mesurée, avec un bénéfice mesuré : environ le double de survie hivernale dans cette étude.

    Des conseils pratiques pour les propriétaires et les gestionnaires

    Les recommandations qui découlent de ces travaux sont heureusement réalisables. Conservez les fourrés : avant de défricher une haie de ronces ou une parcelle de pruniers, pensez qu’il s’agit peut-être de la chambre la plus sûre du voisinage pour les oiseaux au sol. Dispersez le couvert au lieu de le concentrer : de petites parcelles réparties sur une propriété valent mieux qu’un seul grand bloc, selon la règle du lancer de balle. Variez le menu : le colin a besoin d’herbes pour se nourrir et nicher, aux côtés des buissons, ainsi que de sols récemment perturbés ou brûlés qui repoussent avec fraîcheur. Laissez les lisières devenir un peu sauvages : la marge broussailleuse entre le champ et le bois représente un bien précieux à l’échelle du colin. Et pensez en hivers, plutôt qu’en étés : la saison mesurée par l’étude forme le goulot d’étranglement, quand la nourriture se fait rare et que les nuits sont longues et froides.

    Rien de tout cela n’exige un diplôme en conservation ni une subvention considérable. Il faut surtout de la retenue, en évitant de nettoyer chaque recoin, plus un peu de plantation et de brûlage dirigé délibérés, là où les propriétaires en ont la possibilité. Les programmes des agences de la faune et des associations locales de conservation peuvent aider pour la planification comme pour les coûts, et cette étude donne à ces programmes des priorités plus nettes. Le même esprit de partage des ressources traverse notre article sur l’Évangile du partage, où rien ne se perd lorsque tout se partage, une philosophie qui vaut aussi pour les terres partagées avec la faune.

    Le sifflement du colin, cet appel clair et montant qui a donné son nom anglais à l’oiseau, formait autrefois la bande sonore habituelle des campagnes du Sud et du Midwest des États-Unis. Il peut le redevenir, du moins dans davantage d’endroits qu’aujourd’hui. Les oiseaux savent ce qu’il leur faut. Cette étude a simplement vérifié leur choix et confirmé qu’ils avaient raison : donnez-leur de l’herbe pour travailler et un fourré pour dormir à côté, et deux fois plus d’entre eux seront là pour siffler au printemps.