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  • La vie en abondance : le pape Léon XIV explique l’Évangile du Bon Pasteur et affirme qu’il n’y a rien à craindre

    La vie en abondance : le pape Léon XIV explique l’Évangile du Bon Pasteur et affirme qu’il n’y a rien à craindre

    Certains visiteurs frappent à la porte. D’autres, dans l’Évangile que le pape Léon XIV a choisi pour sa publication #GospelOfTheDay du 26 avril, font quelque chose de bien plus troublant : ils entrent par un autre chemin. La lecture était Jean 10,1-10, le début du discours du Bon Pasteur, et le résumé publié sur @pontifex en a tracé les lignes avec une netteté remarquable. Jésus, explique le texte, ne vient pas comme un voleur pour ôter la vie et la liberté, mais pour conduire sur des chemins de justice, éclairer la conscience, ouvrir les joies terrestres à un bonheur plus plein et durable, et donner la vie en abondance. Ceux qui se confient à lui, conclut-il, n’ont rien à craindre. La vidéo totalise 54 519 mentions favorables et 1 194 commentaires, et la photographie est un pur dimanche matin : le pape salue depuis un balcon, derrière une draperie rouge et devant un pupitre transparent, en bénissant une place que l’appareil ne peut contenir.

    Photo: @pontifex

    Le contraste qui bat au cœur de Jean 10 mérite une lecture lente, car c’est au fond une leçon pour distinguer les voix. Le voleur de la parabole ne vient que pour dérober, et le résumé pontifical précise deux fois ce qu’il dérobe : la vie et la liberté. Ce couple de mots est la donnée théologique de cette histoire. Dans cette lecture, la foi n’est pas une transaction où l’on livrerait sa liberté contre des règles. C’est exactement l’inverse. La fausse voix réduit une vie, la rétrécit, la rend plus petite et plus craintive. La vraie voix du pasteur l’élargit : vers la justice, vers une conscience qui voit clairement, vers des joies qui durent plus longtemps que l’instant qui les a produites. À cette mesure, chacun peut reconnaître le pasteur à la direction que prend sa vie en sa compagnie.

    L’abondance n’est pas l’accumulation

    L’expression vie en abondance est peut-être la promesse la plus citée et la moins examinée des Évangiles, et le résumé de Léon XIV la traite avec soin. Il faut observer la séquence qu’il construit : d’abord des chemins de justice, ensuite une conscience éclairée, puis les joies terrestres ouvertes à un bonheur plus plein. L’abondance, racontée ainsi, n’est pas une accumulation. C’est un approfondissement. Les mêmes joies, le même travail, la même table familiale, mais ouverts, comme on ouvre une fenêtre dans une pièce qui n’a jamais été petite, seulement lourde d’air. C’est un angle réellement différent sur un texte familier, et il explique pourquoi un discours vieux de deux mille ans continue de surpasser les contenus fraîchement fabriqués : 54 519 mentions favorables pour un commentaire d’Évangile, ce n’est pas de la nostalgie, c’est de la reconnaissance.

    Un fil relie ce balcon à d’autres enseignements récents du pape que les lecteurs fidèles reconnaîtront aussitôt. Le pasteur qui donne au lieu de prendre est le même qui a enseigné que la dignité humaine se reçoit comme un don, comme nous l’avons raconté dans notre récit depuis la place Saint-Pierre. Donner contre prendre pourrait bien être le grand contraste de Léon XIV. Le voleur ôte la vie et la liberté. Le pasteur donne la vie, et en abondance, et ce don est la manière de le reconnaître. Toute une théologie morale tient dans cette seule distinction, et elle tient aussi dans la légende d’une publication Instagram, ce qui relève presque du miracle de synthèse.

    Rien à craindre : une conclusion, pas un slogan

    La dernière phrase du résumé mérite son propre paragraphe, car elle est gagnée pas à pas au lieu d’être simplement affirmée : ceux qui se confient à lui n’ont rien à craindre. Dans un fil conçu pour monétiser l’anxiété, cette phrase tombe comme une main sur l’épaule, et les commentaires le prouvent : 1 194, le fil le plus vivant de ce cycle de publications pontificales. La peur, dans Jean 10, est le service de publicité du voleur : c’est ainsi que la mauvaise voix obtient une audience, en persuadant les brebis que la bergerie est une prison et que les dangers du dehors sont des aventures. La réponse du pasteur n’est pas un argument. C’est une voix que les brebis connaissent déjà, qui les appelle chacune par son nom vers l’herbe, l’eau et le repos.

    La photographie du balcon devient ainsi l’illustration parfaite. Un pasteur en hauteur, une draperie rouge, un pupitre transparent et un salut adressé à des personnes qu’il ne peut pour la plupart pas voir une à une, à côté d’un texte sur une voix qui connaît chacune par son nom. Léon XIV a pris l’habitude de raccourcir la distance entre le balcon et la place, et cette publication est cette habitude sous sa forme la plus pure : des paroles anciennes, un résumé clair, une main ouverte. Celles et ceux qui ont aimé sa proximité dans son message d’anniversaire à la Bibliothèque vaticane le reconnaîtront aussitôt. La vie en abondance n’a jamais été derrière un mur payant ni derrière une porte verrouillée. Elle était derrière une porte qui, dans l’Évangile de Jean, porte un nom, et ce nom est une personne venue pour donner. Rien à craindre, en effet.


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