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  • Raison et sentiments enchante à nouveau : Daisy Edgar-Jones redonne vie à Jane Austen

    Raison et sentiments enchante à nouveau : Daisy Edgar-Jones redonne vie à Jane Austen

    Jane Austen traverse les époques sans jamais perdre son public, et une nouvelle génération de spectateurs s’apprête à la découvrir à son tour. Focus Features et Working Title présentent une nouvelle adaptation de Sense and Sensibility, le premier roman publié de l’écrivaine, dans les salles des États-Unis à partir du 16 octobre. Le film a été présenté en première mondiale à Leicester Square, à Londres, le 15 septembre, puis il est sorti au Royaume-Uni le 25 septembre. Sa première américaine a eu lieu le 7 octobre à Los Angeles, au United Artists Theatre, et l’équipe poursuivait encore sa tournée cette semaine avec une présence remarquée au FocusFest le 12 octobre.

    Daisy Edgar-Jones incarne Elinor Dashwood, l’aînée qui ressent tout avec intensité mais qui ne laisse presque rien paraître. Face à elle, Esme Creed-Miles joue Marianne, la cadette qui exprime tout, haut et fort, de préférence sous la pluie. Ce contraste forme le moteur même du roman, et la réalisatrice Georgia Oakley, sur un scénario de Diana Reid, a choisi deux interprètes capables de le faire tourner à plein régime, avec nuance et avec humour.

    Deux sœurs, deux manières de traverser l’épreuve

    L’histoire est célèbre, mais elle mérite toujours d’être racontée avec fraîcheur. À la mort de leur père, Elinor, Marianne, leur jeune sœur Margaret et leur mère perdent leur demeure de Norland, à cause de règles d’héritage qui favorisent un demi-frère. La famille se retire alors dans un modeste cottage et reconstruit sa vie sociale dans un cadre plus petit, avec de nouveaux voisins, de nouveaux prétendants et des sentiments anciens qui refusent de rester en ordre. Caitriona Balfe joue Madame Dashwood, Bodhi Rae Breathnach incarne Margaret, et Fiona Shaw apporte sa merveilleuse gravité comique au rôle de Madame Jennings.

    Les personnages masculins arrivent sous des traits familiers, portés par de belles interprétations. George MacKay est Edward Ferrars, doux et déconcertant à parts égales. Herbert Nordrum joue le colonel Brandon, l’homme discret de la pièce, dont la décence demande du temps pour être remarquée. Frank Dillane incarne Willoughby, qui remarque Marianne d’un seul coup, ce qui, chez Austen, reste rarement un compliment durable. La distribution comprend aussi Stacy Martin dans le rôle de Fanny Dashwood et Tom Brooke dans celui de John Dashwood.

    Le regard de Georgia Oakley, le scénario de Diana Reid

    Georgia Oakley est connue pour un travail intime et observateur, et cette sensibilité convient particulièrement à Elinor. Le drame de l’aînée est intérieur. Elle apprend une mauvaise nouvelle et continue de servir le thé. Une réalisatrice qui fait confiance aux petits gestes peut donner à ces scènes une force supérieure à celle d’une grande scène de bal. Le scénario de Diana Reid, qui adapte un roman publié pour la première fois en 1811, a été salué dans les premiers échos favorables pour avoir conservé l’esprit sec et vivant d’Austen, sans le transformer en simple décor de parade costumée. La production réunit Tim Bevan et Eric Fellner pour Working Title, avec India Flint et Jo Wallett à la production, une équipe riche d’une longue expérience des films d’époque.

    Avec une durée de 131 minutes et une classification tout public aux États-Unis, le film vise le public d’un bel après-midi au cinéma, suivi d’une longue conversation. Il offre aussi un contrepoint charmant aux titres plus bruyants de la saison. Les lecteurs qui aiment les grandes célébrations publiques retrouveront une autre forme d’élégance dans notre récit de la Fête nationale célébrée par la famille royale d’Espagne au Palais royal de Madrid, où le protocole devient lui aussi un langage des sentiments.

    Pourquoi cette adaptation a de vraies chances

    Chaque génération reçoit l’Austen dont elle a besoin. La version de 1995, avec le scénario d’Emma Thompson et la réalisation d’Ang Lee, a placé la barre très haut et reste une favorite. Une nouvelle version n’a pas besoin de la surpasser. Elle a besoin d’une raison d’exister, et celle-ci en possède deux : Daisy Edgar-Jones, qui sait tenir un gros plan comme peu d’actrices de sa génération, et Esme Creed-Miles, dont la Marianne apparaît d’abord comme une adolescente, avant d’être une héroïne romantique. Cet ordre est juste. Marianne est jeune. Ses sentiments sont réels et son jugement est encore en construction, comme celui de tout le monde à dix-sept ans.

    Focus Features connaît bien ce public. Le studio a construit un beau parcours avec des sorties littéraires et des films d’époque, et la date du 16 octobre offre au film une voie dégagée : des adultes et des adolescents plus âgés en quête d’une romance intelligente, pendant que les films d’horreur occupent les salles voisines. Le bouche-à-oreille reste le meilleur plan de promotion pour un film de cette nature, et les premières à Londres, à Dublin et à Los Angeles lui ont donné une avance amicale. À New York, la vie culturelle et mondaine offre d’autres rendez-vous, comme le montre notre portrait de Gloria T. Cressler, figure de la philanthropie internationale à New York, qui rassemble elle aussi un public fidèle autour de belles causes.

    Le verdict avant le premier week-end

    En avant-première, les signes sont chaleureux : un scénario fidèle mais vivant, deux sœurs bien assorties, une belle troupe d’acteurs de caractère et une réalisatrice qui comprend les pièces silencieuses. Les premiers avis favorables ont déjà cité le film parmi les préférés de l’année, et même les débats autour de son ton prouvent qu’il possède un point de vue, plutôt qu’une approche mécanique. Austen sans point de vue ne serait que du mobilier. Ici, il y a le mobilier et les sentiments.

    Allez le voir avec une sœur, une mère ou l’amie qui cite encore le film de 1995 à table. Sense and Sensibility sort dans les salles des États-Unis le 16 octobre, et il mérite une recommandation sincère et enthousiaste : chaleureux, spirituel et joué avec un vrai cœur.