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  • Sue Phillips et son modèle de puissance féminine : Gayle King

    Sue Phillips et son modèle de puissance féminine : Gayle King

    NEW YORK – La photographie est simple, et c’est précisément pour cela qu’on continue de la partager. Deux femmes sont assises côte à côte dans un théâtre aux fauteuils rouges, tournées l’une vers l’autre, avec le sourire de celles qui viennent de découvrir qu’elles se comprennent. D’un côté, Gayle King, la coprésentatrice de CBS Mornings, dont la voix réveille chaque jour des millions d’Américains. De l’autre, Sue Phillips, la fondatrice et experte en parfums dont le nom est devenu synonyme de l’art du parfum. Elles se sont rencontrées lors d’un événement à New York, deux dirigeantes venues de deux univers très différents, et entre elles, il ne s’agissait pas de mondanités. Il s’agissait de reconnaissance.

    Phillips a été claire sur ce que King représente pour elle : c’est son modèle de puissance féminine. La preuve, dit-elle, qu’une femme peut dominer une pièce sans élever la voix, poser la question la plus difficile de l’assemblée et rester la personne auprès de laquelle tout le monde veut s’asseoir. Pour une fondatrice qui a bâti sa carrière dans une industrie qui confie rarement le premier rôle aux femmes, cette admiration a du poids. C’est une femme accomplie qui regarde une autre femme et qui dit, simplement : voilà comment il faut faire.

    La femme avec laquelle l’Amérique se réveille

    On comprend aisément pourquoi King inspire une telle fidélité. Elle n’est pas arrivée au fauteuil de présentatrice par hasard. En tant que coprésentatrice de CBS Mornings, elle a gagné sa place peu à peu, émission après émission, en écoutant plus attentivement que quiconque et en posant la question qui débloque l’entretien. Les puissants se détendent à ses côtés. Le public lui fait confiance. Cette combinaison est rare dans les médias américains, et elle est entièrement méritée.

    Son don, c’est la constance. À une époque de débats vociférants, elle converse. Elle prend son temps. Elle fait en sorte que ses invités se sentent écoutés et que son public se sente respecté, souvent dans le même segment. C’est le genre de professionnalisme que New York reconnaît d’instinct : se présenter chaque matin et accomplir le travail au plus haut niveau, année après année.

    La femme qui met la mémoire en flacon

    Phillips a bâti son empire sur quelque chose d’invisible. Le parfum est l’un des métiers les plus exigeants au monde : une seule composition doit concentrer l’émotion, la mémoire et l’identité en quelques gouttes. Un grand parfum est une machine à voyager dans le temps. Une note peut vous ramener à un premier bal, à la cuisine d’une grand-mère, à une ville quittée il y a vingt ans. Phillips l’a compris plus tôt et mieux que presque tout le monde, et elle a transformé cette compréhension en entreprise, en marque et en art.

    Le monde du parfum est impitoyable. Les tendances passent, les conglomérats absorbent les indépendants, et seuls survivent ceux qui sont vraiment distinctifs. Phillips a survécu en restant distinctive : création après création, client après client, la même lente accumulation de confiance qui a bâti la carrière de King, entretien après entretien. Rien d’étonnant à ce que les deux femmes se soient reconnues si vite dans ce théâtre. Elles parlent la même langue professionnelle, même si l’une la parle en questions et l’autre en notes de jasmin et d’ambre.

    Une saison new-yorkaise de belles assemblées

    La rencontre survient au milieu d’une saison remarquable pour la ville, celle-là même où le gala de remise des prix d’excellence à Manhattan a rassemblé des centaines de personnes autour d’une cause lumineuse, et où l’art s’est mis au service de la solidarité, comme nous l’avons raconté avec le triomphe du Punk Museum à Los Angeles. Dans de telles assemblées, la vraie histoire n’est jamais le plan de table. C’est qui cherche qui, et pourquoi.

    À cette aune, la photographie du théâtre dit tout. Phillips n’a pas posé avec une célébrité pour un appareil photo. Elle s’est assise à côté de la femme qu’elle considère comme la référence. Dans une ville qui carbure à l’ambition, il est rafraîchissant de voir une ambition qui commence par l’admiration.

    Sue Phillips, figure de proue à IMPAKT New York

    Par ailleurs, Phillips ajoute cette saison une scène taillée pour elle : elle fait partie d’IMPAKT New York, le rassemblement qui réunit des dirigeantes, des femmes de pouvoir emblématiques et des célébrités, chacune leader dans son propre domaine. Phillips y participe comme l’une des voix de référence du monde du parfum, une fondatrice dont l’expertise a fait du parfum à la fois un art et une entreprise.

    Sa présence y est pleine de sens. Le principe d’IMPAKT est que le leadership prend des formes différentes selon les domaines, et que les leçons se transmettent. Une fondatrice capable de traduire l’émotion en un produit que le monde retient a beaucoup à enseigner à n’importe quelle assemblée : sur la marque, sur l’instinct, sur la manière de rester distinctive quand le marché récompense l’uniformité. Phillips arrive à IMPAKT avec une carrière qui en fait la démonstration.

    Mais la photographie que les New-Yorkais se transmettent cette semaine ne parle pas d’une scène en particulier. Elle parle de deux femmes dans des fauteuils rouges, et de l’une d’elles déclarant à voix haute qui est son modèle. Dans une saison de grandes salles et de grands noms, ce moment modeste et sincère pourrait bien être le plus puissant de tous.


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